Cher Théophraste,

Je t'écris d'un village d'une centaine d'habitant, un oasis qui serait au milieu des plaines assoiffés. Ta missive pleine d’inquiétude m'est parvenue hier et me fais croire que mes précédentes lettres ne te sont pas arrivées. En même temps je les avais confié à des nomades. Je les ai grassement payé mais cela n'a pas suffit. Que de péripéties depuis mon départ de Faranguie. Quelques heures après mon départ de Faranguie prés de Aniche un terrible accident à eu lieu. Je ne sais pas si cet évènement a été relaté dans les journaux de Lambassa? En tous cas voici la Une du journal de la région.

Journal de Chrysopée

Si j'ai bien compris ce qu'on m'a rapporté par la suite un dépôt illégal de dynamite a explosé et bien entendu je passais par là à ce moment.

Sans famille, sans ressource, on m'a laissé pour morte. J'ai été récupérée par je ne sais qui, je ne sais comment, qui m'a ensuite confiée à des nomades (pourquoi? mystère). Le tout en étant dans le coma. Les nomades m'ont soignée, j'ai repris conscience du monde dans leur village itinérant.

Aujourd'hui je suis complétement rétablie, avec de montreuses cicatrises de brulure sur le ventre et les cuisses. Je suis incapable de me regarder dans un miroir et me déshabille dans le noir. La vue de mon corps mutilé m'est insupportable. Prendre ma douche est une souffrance à laquelle je suis obligée de faire face par mesure d'hygiène. Heureusement pour moi l'hiver arrive et les épaisseurs vestimentaires avec. Les nomades qui m'ont accueillis sont ceux de la communauté du rêve. On les nommes ainsi car ils utilisent très largement l'opium. Aussi mon maître s'est avec une grande honte que je vous avoue être une droguée qui ne peut se passer de sa dose pour soulager quelques heures durant, s'échapper, de sa douleurs physique et morale de n'être plus que l'ombre de la jeune femme innocente passée.

J'ai trouvé refuge à l'oasis de l'Alami, confiant pour vous des lettres aux nomades avec tout l'argent que j'avais économisé chez Eugénie La Rouge. Je tente depuis de me reconstruire un semblant de vie. Vous êtes le premier avec qui j'ose reprendre contact. Ma famille me crois morte et quelques part c'est mieux ainsi puisqu'en effet la jeune femme qu'ils ont connue est morte.

Kéziah