A présent, dans quelques heures, je le saurais. Je vais être repu de connaissances sur cette question primordiale. Je suis à la fois effrayé par ce que je vais découvrir et à la fois excité. J'ai posé toutes les questions mais les réponses qu'on m'a faites n'étaient basées que sur des statistiques : une chance sur dix, trois cas sur quatre, moins de six pour cent de tous les enregistrements connus. Tous ces chiffre sont aussi froid que le métal que l'on va me greffer.

Çà y est ! C'est sorti : on va me poser une prothèse cybernétique. Pour remplacer les jambes que j'ai perdues. Foutue guerre !

Mais dois-je me réjouir de cette opération ? Ce n'est pas avec ma solde que mon opération est payée. C'est avec mon talent : ils me paient le chirurgien et le matériel parce que je suis bon dans ma branche. Et je leur serai redevable et je serai bon pour eux, en remerciement et avec gratitude...

Tu parles ! Je vais être leur joli toutou, oui !

J'ai bien vu comment ils se comportaient avec leur équipe de sécurité. Je les déteste pour ce cynisme. Mais je vais pouvoir courir avec mes filles. Et pour ça, je leur suis reconnaissant. Je n'aurais jamais supporté qu'on me pousse dans un fauteuil roulant. Je vois bien leur machiavélique raisonnement : je ne suis qu'une pièce interchangeable sur lequel ils ont un moyen de pression. Une pièce de valeur tout de même, aux vues de la note pour cette opération. Peut-être que je pourrai tiré mon épingle du jeu...

Bien les infirmiers arrivent. Je vais enfin savoir