Ville de nuit

Ayant attendu la nuit pour commencer, Jake profite de l'obscurité pour grimper dans le bâtiment. Elle a repéré depuis l'extérieur un accès de maintenance à la cage d’ascenseur sur le toit du centre de recherche. Une fois introduite dans la cage d’ascenseur, elle descend jusqu'au premier étage accessible et pénètre dans les couloirs.

Usant de sa discrétion, Jake arpente les couloirs du complexe. Après une demi-heure de progression, elle se fait une raison : il est bien trop grand pour se repérer sans carte. Gardant son calme et utilisant le plan fourni par son contact, elle arrive à se repérer pour se diriger vers la salle des serveurs.

La salle des serveur est en vue. Cependant, elle remarque que le corridor débouchant sur le sas d'accès est surveillé par une flopée de capteurs électroniques. Jake avait prévu le coup et enfile sa tenue de camouflage électronique : c'est presque un jeu d'enfant. L'entrainement reçue de sa mère, une artiste de cirque, lui est plus qu'utile pour passer l'armada des capteurs. Se contorsionner pour passer dans les angles morts : sa mère serait contente des figures qu'elle réalise même si elle n'approuve pas son travail.

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La température dans la salle des serveurs est étouffante. Après l'effort pour passer le corridor, Jake se sent prise de vertiges. Heureusement son médecin lui prescrit régulièrement des pilules contre ce désagrément. Elle en sort une et l'avale aussitôt. Puis va s’assoir dans un coin attendre que le médicament fasse effet.

Comme à chaque fois qu'elle s'apprête à voler quelque chose, Jake hésite. Elle n'aime pas ce qu'elle fait. Mais la situation est claire : sa mère malade, le job minable qu'elle occupe la journée ; les comptes sont vite faits et sa mère doit avoir son traitement et son infirmière.

Alors qu'elle rentre le mot de passe qu'elle détient, la console lui renvoie une erreur de connexion. Une goutte de sueur froide dégouline le long de son échine. Est-ce un piège ? A-t-elle déclencher une alarme ? Non, l'utilisateur précédent avait appuyé sur le verrou de majuscule. Une fois le verrou levé, la voilà dans le serveur. Son ancien petit ami lui avait enseigné les rudiments du surf dans la matrice ou les systèmes d’exploitations standards. Tout cela l'aide à présent à rechercher les documents qu'elle doit voler. Rein n'est facile à acquérir. Son instituteur lui répétait souvent. Et grâce à lui, elle apprit la persévérance. Depuis, elle s’entêtait toujours quant elle s’attelait à une tâche. Du moment qu'elle acceptait, elle pouvait déplacer des montagnes. Plusieurs fois, elle avait fait montre de sa ténacité alors que rien ne lui était offert.

Le serveur était isolé du reste du monde. Mais il y a toujours une faille : elle fit transiter le dossier par un ordinateur d'un chercheur du complexe encore connecté au serveur. Et de là, l’envoya vers son serveur sécurisé en attente de livraison.

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Alors que Jake va pour sortir de la cage d'ascenseur, des bruits de pas sur le gravier du toit l'arrêtent. Misère ! Une patrouille de nuit. Ce n'est pas normal. Jake ne s'affole pas et grimpe au sommet de la cage. Derrière le moteur de l'ascenseur, agrippée à une poutre métallique, le faisceau de la lampe passe non loin d'elle mais ne la démasque pas.

D'abord, le code d'erreur sur la console. Ensuite la patrouille sur le toit. Cela ressemble vraiment à une alerte. L'intuition de Jake lui dit que c’est louche. En plus le poste du chercheur était encore connecté avec le serveur. C'est une évidence : elle s'est faite piégée. Elle en est sûre : la sommation du garde derrière elle vient de lui confirmer...